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Edward aux mains d'argent
Fiche film

Edward aux mains d'argent

BURTON Tim
USA 1990
Genre : Récit initiatique
Ecriture cinématographique : Fiction
Ecole et cinéma 2004-2005
 RÔLES 

Edward : un être doux qui se heurte à l’injustice

Le corps sanglé de cuir, le visage pâle, les yeux étonnés, ni homme ni robot, Edward a été créé par un inventeur qui est mort avant d'avoir achevé son œuvre. Il agite, en guise de mains, des lames tranchantes qui pourraient être des armes mortelles, lui qui ne sait ni ne veut faire le mal. C'est un être doux, innocent et généreux qui, en découvrant le monde des humains, va se heurter à la cruauté et à l'injustice. Il révèle des dons artistiques et une sensibilité exacerbée. Après avoir été adulé, il se voit rejeté, exclu à cause de sa différence. En tombant amoureux, il ressent de l'amertume face à son handicap et comprend qu'il n'aura jamais droit à l'amour. Il a entrevu le bonheur au sein de sa famille adoptive, mais il poursuivra sa vie éternelle seul, à sculpter de magnifiques statues de glace. C'est une créature pathétique et profondément attachante.

Peggy Boggs : la " mère " qui accepte d’emblée la différence

Représentante en produits de beauté, Peggy arrache Edward à la solitude en le prenant sous son aile maternelle. Car elle est mère avant tout, tout acceptation et amour pour le premier être qui fera vibrer cette corde sensible. Déformation professionnelle oblige, elle soigne le visage aux nombreuses cicatrices d'Edward, et le tartine de crèmes de soin. Elle ne voit jamais Edward comme un monstre et ne regarde pas ses mains comme une difformité. Attentionnée, tendre, elle ne porte aucun jugement de valeur et accepte d'emblée sa différence. Sa générosité et sa naïveté l'aveuglent et l'empêchent d'entrevoir les conséquences de son geste charitable. Elle réalise trop tard qu'Edward était plus en sécurité dans son château.

Kim : gentillesse et sensibilité sous un masque d’effronterie

Fille de la famille Boggs, Kim a l'apparence de la Pom Pom Girl, jolie adolescente quelque peu bêcheuse qui regarde Edward avec un dédain teinté de moquerie. Elle se laisse entraîner par son petit ami, Jim, et regrette ensuite d'avoir piégé Edward. Elle sera peu à peu touchée par son innocence, sa sincérité et sa pureté. Elle laisse alors exprimer la gentillesse et la sensibilité qu'elle étouffait sous un masque d'effronterie. Elle en vient à communiquer avec lui, à l'aimer et à l'aider à sortir des griffes de la foule haineuse. Toute sa vie, elle restera hantée par ce grand amour impossible.

L’inventeur : savant fou, démiurge solitaire

Il apparaît dans les " flashes back ", lorsqu'Edward se remémore l'origine de sa naissance. Démiurge solitaire, il se consacre à ses inventions dans les ténèbres d'un vieux château délabré. Il a l'idée de donner une âme à sa créature le jour où son regard tombe sur un biscuit en forme de cœur. Il lui offre un cerveau, une peau, un cœur, développe sa sensibilité, l'éduque comme un fils mais meurt d'une crise cardiaque juste avant de lui greffer de véritables mains. Dans la lignée de l'illustre professeur Frankenstein, il symbolise le " savant fou ", cher au cinéma fantastique.