Cerf-volant du bout du monde (Le)
PIGAUT RogerFrance 1958
Genre : Conte
Ecriture cinématographique : Fiction
Ecole et cinéma 2004-2005
Vu aujourd'hui, Le Cerf-volant du bout du monde garde une certaine fraîcheur, une qualité qui persiste malgré la naïveté de son propos d'ensemble. Le film nous parle d'amitié, de solidarité, de coopération entre les enfants vivant dans des pays aussi éloignés que peuvent l'être la France et la Chine, "du bout du monde". A la sortie du film, c'est le critique communiste Georges Sadoul qui écrivait dans Les Lettres françaises du 26 décembre 1958 : "Et il passionne aussi les adultes, en leur donnant à découvrir la plus grande partie du monde, la plus peuplée, la plus mal connue et la plus attirante. "
Quarante ans après cette réalisation, notre regard sur la Chine s'est enrichi de ces dizaines d'années d'histoire qui ont bouleversé les idéologies. Nous avons appris à être moins crédules, peut-être aussi moins manichéens, à nous méfier de ceux qui prônent les lendemains qui chantent Le Cerf-volant du bout du monde est la première coproduction cinématographique franco-chinoise.
Après plus de quinze scénarios écrits et refusés par les responsables chinois, Roger Pigaut s'intalla à Pékin et travailla avec le réalisateur Wang Kia Yi, qui cosigna avec lui la réalisation de ce qui devait devenir finalement un long métrage. Roger Pigaut découvrit le personnage du Roi des Singes, acrobate et magicien, Souen Wou Kong, héros de vieilles légendes chinoises. Avec lui, tout devenait possible et surtout le rêve de se transporter de Paris à Pékin.
Les chinois souhaitaient, comme le dit très justement Henri Alekan, que ce film donne une bonne image d'eux-mêmes.
A la sortie du film en France, le journal Paris-Presse mettait en avant l'honnêteté du metteur en scène : "C'est une Chine idéale, une Chine imaginaire qu'il nous montre, puisque les enfants rêvent. Et chacun conclura comme il voudra."
Avec ses qualités, et malgré ses défauts, le film reste aujourd'hui un bel hymne à l'amitié entre les peuples et à une meilleure compréhension entre des cultures fort différentes.
Gérard Lefèvre

