PORTRAITS DE PASSEURS
La Lanterne magique
L'Alhambra / Marseille
Au risque de s'y perdre / Ciclic
Sauve qui peut le court métrage
Collège au cinéma
École et cinéma
Passeurs d'images
Pôle Image Haute-Normandie
Depuis plus de 20 ans, l’île de la Réunion participe aux dispositifs nationaux d’éducation au cinéma. L’association La Lanterne magique coordonne Ecole et cinéma, Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma qui réunissent chaque année 30 000 élèves, l’association Zargano, le dispositif Passeurs d’images. Découvrez les acteurs passionnés de ces actions à travers ce film de Jean-Paul Dupuis. Les images d’ateliers qui l’illustrent sont extraites du DVD du festival Cinémarmailles dont une nouvelle édition se déroulera du 3 au 7 mai prochain et du teaser Passeurs d’images à la Réunion réalisé par Jean Marc Lacaze pour Kyrnea international.
AU RISQUE DE S'Y PERDRE / CICLIC
SAUVE QUI PEUT LE COURT MÉTRAGE
Organisée, cette année, en partenariat avec l’Assemblée des départements de France, la rencontre nationale Collège au cinéma a réuni le 25 novembre dernier plus de 160 partenaires. Cette collaboration s’est notamment traduite par la publication d’une plaquette intitulée « Collège au cinéma : mode d’emploi » dont l’objectif est de présenter à un large public cette opération exemplaire.
Eric Garandeau, Président du CNC, Eric Gautier, Vice-président de la Commission Culture, Sport et Monde associatif de l’Assemblée des Départements de France, Jean-Michel Blanquer, Directeur Général de l’enseignement scolaire et Jean Labé, Président de la Fédération Nationale des Cinémas Français, qui inauguraient cette journée ont rappelé leur attachement à Collège au cinéma et leur volonté de travailler ensemble pour donner, 22 ans après sa création, un nouveau souffle à cette action pionnière.
Le reportage d’Eugénie Zvonkine que vous pouvez découvrir ce mois-ci sur le site a permis de présenter le dispositif à travers l’expérience d’un collège de Seine Saint Denis et d’introduire la table ronde consacrée au partenariat et aux bonnes pratiques. Animée par Frédéric Borgia, ce débat et les échanges avec la salle ont souligné l’implication croissante des collectivités territoriales, le travail d’accueil et d’animation des salles, le rôle de coordination des DRAC, l’enjeu vital des formations, l’apport d’une grande institution culturelle comme La Cinémathèque française.
Trois films courts réalisés « à la manière de… » www.ardeche.fr, lors d'ateliers de pratique en Ardèche et dans le département de l'Essonne : La fille en jaune (voir video) ont suscité l’envie d’enrichir le dispositif en proposant d’autres opérations d’accompagnement telle qu’ une rencontre avec un professionnel ou l’immersion d’une classe dans un festival cinématographique, expériences irremplaçables, dont moins de 20% des collégiens ont bénéficié.
Introduite par une présentation du site Image et par celle des Leçons de cinéma en ligne réalisées par le pôle d’éducation artistique Centre Images, la seconde table-ronde animée par Carole Desbarats s’est intéressée au thème très actuel de la Transmission du cinéma à l’heure du numérique. Une série d’exemples, les questions que se posent les partenaires invités, les remarques du public ont permis de faire progresser la réflexion sur ce thème et d’esquisser des propositions pour l’avenir : mise à disposition de nouvelles ressources pédagogiques, nouvelle manière d’utiliser la salle de projection, souplesse d’utilisation des outils et logiciels… la finalité et l’ambition du dispositif demeurant la même: faire découvrir aux élèves la richesse et la diversité du cinéma.
Ce mois-ci, à l’occasion des Rencontres nationales d’Ecole et cinéma, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui coordonnent le dispositif au niveau national. A la tête de l’association Enfants de cinéma, Jean-Pierre Daniel, réalisateur, ancien directeur de salle et président de l’association et Eugène Andréansky, le délégue général, nous ont parlé avec passion de leur travail.
La coordination assurée par Enfants de cinéma se complète d’un important travail d’édition. Jean-Pierre Daniel nous a parlé de l’enjeu de ces cahiers pédagogiques, qui sont écrits et édités dans la continuité de la réflexion sur la pédagogie du cinéma entamée par Alain Bergala, présent dès les débuts de l’association.
Pour en savoir plus et lire les cahiers en question, allez sur :
www.enfants-de-cinema.com
Par ailleurs, le dispositif Ecole et cinéma fait face à un autre enjeu important : les collèges et les lycées sont la plupart du temps situés dans des points d’habitation plus importants que les écoles, disséminées un peu partout sur le territoire de la France. Aussi l’association se bat-elle pour faire profiter au mieux les enfants des zones rurales de leur pédagogie. Elle peut se vanter aujourd’hui de compter parmi ses salles partenaires 43 dispositifs de cinéma itinérants.
Cet important travail de la tête de réseau doit, pour fonctionner au mieux, être relayé dans chaque région et dans chaque salle de cinéma. Nous avons eu le plaisir de découvrir la magnifique salle du Théâtre du garde-chasse, où nous avons rencontré Stéphanie Machart, responsable jeune public du cinéma, qui accueille les élèves avant la séance et parle avec eux du film après la projection, ses remarques allant de la posture qu’il vaut mieux adopter pour tenir en place durant une heure et demie de projection aux questionnements sur le sens du film. C’est aussi ça, parler de cinéma aux enfants.
(Pour découvrir la salle et sa programmation jeune public : www.theatredugardechasse.fr)
Durant l’été, les actions du réseau Passeurs d’images se multiplient dans toute la France. Nous sommes donc allés à la rencontre de François Campana, son fondateur, aujourd’hui à la tête de l’association Kyrnea qui coordonne le réseau au niveau national. Il nous a parlé des origines du réseau et de quelques actions en particulier qui lui tiennent à cœur.
Né en 1991, le projet initial, mis en place suite à une demande du CNC de proposer des animations cinématographiques et culturelles dans les quartiers, s’appelle initialement « Un été au ciné ». D’abord modeste, le réseau, renommé en 2007 « Passeurs d’images » prend peu à peu de l’ampleur et compte aujourd’hui 26 régions, dans chacune d’elle le dispositif étant relié par les pôles images locaux, des associations d’éducation à l’image, des associations de professionnels ou des salles de cinéma. Celles-ci organisent les actions au niveau local sous l’égide de la Direction Régionale des Affaires culturelles et avec le soutien des directions régionales Jeunesse et Sport et Cohésion sociale.
François Campana, littéralement habité par son travail, nous a fait part de souvenirs forts liés à Passeurs d’images, mais nous a également parlé de ses convictions fortes quant à la manière dont chaque projet doit être entouré, défendu et mené à bien. Eugénie Zvonkine
Passeurs d’images succède depuis le 1er janvier 2007 à l’opération Un été au Ciné / Cinéville, initiée par le Centre national de la cinématographie en 1991 dans le cadre de la politique de la ville et de l’opération de prévention interministérielle « Ville, Vie, Vacances». Conscients du rôle important de l’art cinématographique et de l’intérêt de ces pratiques, la Délégation au Développement et à l’Action Territoriale, la Délégation Interministérielle à la Ville, la Direction de la jeunesse et de l’éducation populaire, le FAS se sont associés au dispositif en signant un protocole d’accord en juillet 2001.
Passeurs d’images est aujourd’hui un dispositif d’éducation à l’image et au cinéma à vocation culturelle et sociale, mis en place de façon prioritaire dans le cadre de la politique de la ville et inscrit dans les conventions de développement cinématographique et audiovisuel conclues entre l’Etat et les Régions. L’opération s’étend sur tout le territoire national et à l’ensemble des régions métropolitaines et à l’Outre-mer en s’appuyant sur de très nombreux partenariats engagés avec les collectivités locales, les salles de cinéma, les associations professionnelles du cinéma et de l’audiovisuel et les associations à vocation sociale ou d’insertion. Passeurs d’images consiste à la mise en place, hors temps scolaire, de projets d’action culturelle cinématographique et audiovisuelle en direction des publics, prioritairement les jeunes, qui, pour des raisons sociales, géographiques ou culturelles, sont éloignés d’un environnement, de pratiques et d’une offre cinématographiques et audiovisuels.
Il allie deux actions complémentaires : le voir et le faire, la diffusion et la pratique. Ces projets répondent à des objectifs précis : meilleur accès aux pratiques cinématographiques, éducation à l’image, sensibilisation à la diversité culturelle, lutte contre les discriminations et mobilisent dans une stratégie globale plusieurs partenaires sur un territoire, et sur le long terme.
+ d’informations sur le réseau :
www.passeursdimages.fr
Le quotidien du Pôle Image Haute-Normandie : initiatives d'éducation à l'image et valorisation des fonds photographique et audiovisuel.
Nous avons pris un grand plaisir à rencontrer les divers membres de l’équipe du Pôle Image Haute-Normandie, même si nous ne devons pas oublier tous ceux qui sont restés à l’ombre et qui travaillent chaque jour pour faire vivre le Pôle.
Pour en savoir plus sur ces diverses initiatives, rendez-vous sur leurs sites :
- Pour Archives en ligne, le projet est à consulter sur http://www.poleimagehn.com.
- Pour Kinema, rendez-vous sur leur site http://www.kinema.fr. Ils élaborent actuellement un petit lexique du cinéma bilingue, une idée en or, qui viendra enrichir le dispositif et le site et qui sera d’une grande utilité à tout enseignant germanophone désirant faire travailler ses élèves sur le cinéma !
Lycéens au cinéma compte à son actif de nombreux documents pédagogiques audiovisuels qui viennent compléter le travail sur les films de la liste nationale, parmi lesquels nous pouvons citer :
L'Homme sans passé d’Aki Kaurismäki
Jour de Fête de Jacques Tati
L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville
La Trahison de Philippe Faucon
Valse avec Bachir d’Ari Folman
Mais la meilleure manière de découvrir les stratégies d’éducation à l’image reste encore d’aller observer le travail dans les ateliers.
Dans le cadre d’Images en ligne, nous avons pu visiter le collège Camille Claudel où les élèves de 6e élaboraient de petits films d’animation à partir d’expressions consacrées anglaises et françaises comme « Avoir d’autres chats à fouetter » ou encore « Raining cats and dogs ». A partir de cette première injonction, les élèves ont élaboré eux-mêmes scénario, découpage, story-board et ont fabriqué les décors et les personnages. Nicolas Losardo et Nicolas Braquehays, les chargés de mission Images en ligne, ont déployé une manière très interactive de suivre l’évolution des projets au cours de l’année. Ils organisent des visioconférences avec les élèves lors desquelles ils partagent également des programmes et des visuels d’ordinateur à ordinateur ; ils peuvent ainsi interagir en direct avec les élèves en apportant des transformations aux fichiers sur lesquels ces derniers travaillent. Ils avouent cependant que ce mode opératoire nécessite un bon débit internet et une connexion sans faille, ce qui pose encore problème parfois. Les élèves se passionnent pour ce travail qu’ils peuvent mener de bout en bout, même si dans ces zones difficiles, il peut parfois s’agir de ce que les membres du Pôle appellent « un public volatile ». Ainsi, alors que deux groupes d’élèves sont restés après la fin officielle du cours pour terminer leurs films, un des groupes a fui, laissant l’enseignant et la bibliothécaire tristement penchés sur l’ouvrage pour finir ce qu’ils avaient entrepris.
Le dispositif Images en ligne compte de nombreux projets, y compris la réalisation dès l’année prochaine de POM – Petite Oeuvre Multimédia (ou Petit Objet Multimédia) – qui leur permettront d’aborder la photographie et l’image fixe, ainsi que le montage image et son, l’animation et les questions de narration audiovisuelle dans le cadre d’objets courts aux formes variées et inventives.
Quelques exemples de POM ci-dessous :
- POM "Voluptas" du catalogue Territoires de Fictions sélectionné par le festival de la Photographie d'Arles.
- POM "Ma maison pour hôpital" du catalogue Territoires de Fictions sélectionné par le festival des 4 écrans.
Le deuxième atelier, celui de Passeurs d’images, était organisé dans le cadre du Festival des Très Courts dans la Ville de Saint-étienne-du-Rouvray. Cet atelier sur la peur au cinéma était animé avec grand talent par le compositeur Jean-Carl Feldis. L’intervenant adaptait parfaitement son langage au public pourtant très varié (publics scolaires et usagers des centres sociaux et associations de solidarité), et parvenait à faire découvrir à son auditoire la manière dont le son influence notre lecture des images à travers un exercice ludique et valorisant, et qui permet à chacun de sentir que le travail du cinéma est à sa portée.
