CHAPLIN Charles Spencer
Acteur, Réalisateur, Scénariste, Musicien
PARCOURS
(1889-1977)
Né dans un quartier pauvre de Londres le 16 avril 1889, Charles Spencer Chaplin n'a qu'un an lorsque son père part en tournée dans les théâtres de vaudeville américains. Restée seule à Londres, sa mère noue une liaison avec une vedette de music-hall. Lorsqu'il revient des États-Unis, Chaplin-père découvre la nouvelle situation conjugale et abandonne sa famille... Il mourra dix ans plus tard, à trente-sept ans, ravagé par l'alcool.
L'enfance du jeune Charles est donc agitée. Avant de mourir, son père lui fait quitter l'orphelinat pour les planches. Chaplin n'a pas encore dix ans et il entame une carrière d'artiste professionnel qu'il ne va plus quitter. Vedette de music-hall à dix-neuf ans, il est engagé dans la troupe de Fred Karno qui était alors le plus important impresario de sketches. Chez Karno, notre jeune acteur apprend et perfectionne l'art de la pantomime : acrobaties et clowneries, rire tragique et secourable, mélancolie, sketches, danses et jongleries sobrement mêlés. Au cours d'une tournée de la troupe en Amérique, la compagnie "Keystone", récemment fondée à Los Angeles par Mack Sennet, lui adresse une proposition de contrat. Pour Chaplin, l'aventure du cinéma commence.
Il arrive aux studios en décembre 1913. Dès ses débuts à Hollywood, Chaplin gêne les professionnels habitués des grosses farces tournées alors. Trop raffiné dans ses caricatures, la finesse de son métier et sa virtuosité mimique empêchent la rapidité de production des films " Keystone " habituellement mis en bo'eete en quelques heures. Exaspéré par les suppressions au montage de ses meilleurs numéros, Chaplin décide de devenir Charlot le vagabond, et recentre tout son comique autour du nouveau personnage et de sa silhouette qu'il inaugure dans Charlot est content de lui (1914), son deuxième film comme acteur. Dès cette première apparition, le public et les commandes des distributeurs affluent. Mécontent du travail des réalisateurs, Chaplin prend en main, à partir de juin 1914 et jusqu'à la fin de sa vie, la mise en scène de ses films. Admirateur de Griffith, Chaplin ma'eetrise tout de suite les techniques de récit de l'art cinématographique.
L'ascension est alors fulgurante. Au rythme de ses salaires qui décuplent d'années en années, Chaplin passe de studios en studios, de la "Keystone" à "Essanay" (1915), quittant celle-ci pour la " Mutual " (1916) et cette dernière pour la "First National" (1918). Lorsqu'en 1919 un vent de révolte souffle sur Hollywood où les acteurs et cinéastes se déclarent exploités, il s'associe à Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks pour fonder la "United Artists". Son premier film pour sa nouvelle firme sera L'Opinion Publique (1923), chef-d'oeuvre qui ne remporta pas le succès escompté. Plus indépendant, le style du cinéaste s'affine et ne se contente plus du burlesque. Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale (La Ruée vers l'or, 1925).
Tandis qu'il travaille sur Le Cirque (1928) et règle ses déboires conjugaux qui alimentent la presse de l'époque, le cinéma conna'eet la révolution du parlant. Chaplin, qui avait élevé l'art de la pantomime à son degré maximum, accepte pour son prochain film (Les Lumières de la ville, 1931) de mettre de la musique et des effets sonores, mais ne se détourne pas de son projet initial de film muet. Le grand ma'eetre du cinéma muet résiste au parlant. Pour Les Temps modernes (1936), il enregistre quelques scènes dialoguées puis se ravise, faisant de cette oeuvre le dernier film muet tourné à Hollywood et l'ultime apparition à l'écran de Charlot le vagabond.
Chaplin après Charlot ne peut plus ignorer le cinéma parlant. à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il s'inquiète de ce qu'il appelle les "mauvaises manières" qui règnent dans le monde. Après avoir été cité devant la "Commission des activités anti-américaines" en 1939, il tourne Le Dictateur (1940) et s'insurge contre la tyrannie bouffonne qui envenime l'Europe. Pendant la guerre, de sombres manoeuvres du FBI tentent d'humilier et de discréditer le cinéaste qui se laisse alors aller à la désillusion face à l'intolérance grandissante de l'Amérique. En 1946, Chaplin tourne son film le plus dur et cynique, Monsieur Verdoux, " comédie de meurtres " amère et critique acerbe du monde de l'Après-Guerre. Puis vient Limelight (1952) où le cinéaste décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance.
Chaplin renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu'à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix International de la Paix en 1954, il reconstitue New York à Londres pour Un roi à New York (1957) où il montre du doigt et ridiculise la "chasse aux sorcières" menée dans l'Amérique de la Guerre froide. La rédaction de son autobiographie l'occupe ensuite durant les six années suivantes, de 1959 à 1964. En 1967, il tourne son dernier film, en couleurs, La Comtesse de Hong Kong, avec Sophia Loren et Marlon Brando. La critique éreinte le film, pourtant magnifique.
Au cours des années 70, le monde entier semble rivaliser pour lui rendre hommage : Prix spécial au Festival de Cannes en 1971, Lion d'or à Venise, Légion d'Honneur, anoblissement par la reine d'Angleterre, Oscar spécial à Los Angeles... Fêté et adulé, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint le 25 décembre 1977.
Né dans un quartier pauvre de Londres le 16 avril 1889, Charles Spencer Chaplin n'a qu'un an lorsque son père part en tournée dans les théâtres de vaudeville américains. Restée seule à Londres, sa mère noue une liaison avec une vedette de music-hall. Lorsqu'il revient des États-Unis, Chaplin-père découvre la nouvelle situation conjugale et abandonne sa famille... Il mourra dix ans plus tard, à trente-sept ans, ravagé par l'alcool.
L'enfance du jeune Charles est donc agitée. Avant de mourir, son père lui fait quitter l'orphelinat pour les planches. Chaplin n'a pas encore dix ans et il entame une carrière d'artiste professionnel qu'il ne va plus quitter. Vedette de music-hall à dix-neuf ans, il est engagé dans la troupe de Fred Karno qui était alors le plus important impresario de sketches. Chez Karno, notre jeune acteur apprend et perfectionne l'art de la pantomime : acrobaties et clowneries, rire tragique et secourable, mélancolie, sketches, danses et jongleries sobrement mêlés. Au cours d'une tournée de la troupe en Amérique, la compagnie "Keystone", récemment fondée à Los Angeles par Mack Sennet, lui adresse une proposition de contrat. Pour Chaplin, l'aventure du cinéma commence.
Il arrive aux studios en décembre 1913. Dès ses débuts à Hollywood, Chaplin gêne les professionnels habitués des grosses farces tournées alors. Trop raffiné dans ses caricatures, la finesse de son métier et sa virtuosité mimique empêchent la rapidité de production des films " Keystone " habituellement mis en bo'eete en quelques heures. Exaspéré par les suppressions au montage de ses meilleurs numéros, Chaplin décide de devenir Charlot le vagabond, et recentre tout son comique autour du nouveau personnage et de sa silhouette qu'il inaugure dans Charlot est content de lui (1914), son deuxième film comme acteur. Dès cette première apparition, le public et les commandes des distributeurs affluent. Mécontent du travail des réalisateurs, Chaplin prend en main, à partir de juin 1914 et jusqu'à la fin de sa vie, la mise en scène de ses films. Admirateur de Griffith, Chaplin ma'eetrise tout de suite les techniques de récit de l'art cinématographique.
L'ascension est alors fulgurante. Au rythme de ses salaires qui décuplent d'années en années, Chaplin passe de studios en studios, de la "Keystone" à "Essanay" (1915), quittant celle-ci pour la " Mutual " (1916) et cette dernière pour la "First National" (1918). Lorsqu'en 1919 un vent de révolte souffle sur Hollywood où les acteurs et cinéastes se déclarent exploités, il s'associe à Griffith, Mary Pickford et Douglas Fairbanks pour fonder la "United Artists". Son premier film pour sa nouvelle firme sera L'Opinion Publique (1923), chef-d'oeuvre qui ne remporta pas le succès escompté. Plus indépendant, le style du cinéaste s'affine et ne se contente plus du burlesque. Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale (La Ruée vers l'or, 1925).
Tandis qu'il travaille sur Le Cirque (1928) et règle ses déboires conjugaux qui alimentent la presse de l'époque, le cinéma conna'eet la révolution du parlant. Chaplin, qui avait élevé l'art de la pantomime à son degré maximum, accepte pour son prochain film (Les Lumières de la ville, 1931) de mettre de la musique et des effets sonores, mais ne se détourne pas de son projet initial de film muet. Le grand ma'eetre du cinéma muet résiste au parlant. Pour Les Temps modernes (1936), il enregistre quelques scènes dialoguées puis se ravise, faisant de cette oeuvre le dernier film muet tourné à Hollywood et l'ultime apparition à l'écran de Charlot le vagabond.
Chaplin après Charlot ne peut plus ignorer le cinéma parlant. à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il s'inquiète de ce qu'il appelle les "mauvaises manières" qui règnent dans le monde. Après avoir été cité devant la "Commission des activités anti-américaines" en 1939, il tourne Le Dictateur (1940) et s'insurge contre la tyrannie bouffonne qui envenime l'Europe. Pendant la guerre, de sombres manoeuvres du FBI tentent d'humilier et de discréditer le cinéaste qui se laisse alors aller à la désillusion face à l'intolérance grandissante de l'Amérique. En 1946, Chaplin tourne son film le plus dur et cynique, Monsieur Verdoux, " comédie de meurtres " amère et critique acerbe du monde de l'Après-Guerre. Puis vient Limelight (1952) où le cinéaste décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance.
Chaplin renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu'à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix International de la Paix en 1954, il reconstitue New York à Londres pour Un roi à New York (1957) où il montre du doigt et ridiculise la "chasse aux sorcières" menée dans l'Amérique de la Guerre froide. La rédaction de son autobiographie l'occupe ensuite durant les six années suivantes, de 1959 à 1964. En 1967, il tourne son dernier film, en couleurs, La Comtesse de Hong Kong, avec Sophia Loren et Marlon Brando. La critique éreinte le film, pourtant magnifique.
Au cours des années 70, le monde entier semble rivaliser pour lui rendre hommage : Prix spécial au Festival de Cannes en 1971, Lion d'or à Venise, Légion d'Honneur, anoblissement par la reine d'Angleterre, Oscar spécial à Los Angeles... Fêté et adulé, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint le 25 décembre 1977.
